Iris PARIZOT : alto
Gabriel LEMAIRE : clarinette et saxophone altos, flute oblique
Alexis COUTUREAU : contrebasse
Tendre Broussaille propose d’offrir un contrepoint précieux aux excès de notre monde contemporain. Ouvrir de nouveaux horizons poétiques par la musique devient un processus nécessaire d’« aération», un moyen de lutter contre toutes les formes actuelles de saturation.
C’est pourquoi le silence occupe une place centrale dans l’organisation de la musique de Tendre Broussaille. Cette attention soutenue au silence permet de donner un poids et une force singulière à chaque son, chaque geste musical. Funambules sur un fil ténu tendu entre l’agir et le non-agir, action et contemplation, les musiciens se confèrent mutuellement une liberté mais aussi une responsabilité qui rend chacune de leur prise de parole décisive. Si c’est la fusion des timbres que privilégie Tendre Broussaille, chaque musicien tend à conserver sa personnalité et son identité sonore propre, susceptible de redessiner à chaque instant les contours de l’espace musical commun.
La musique est ici envisagée comme un acte poétique puisque peu importe le son joué, peu importe qu’il soit neuf ou éculé, comme le mot écrit, tout se joue dans le choix de le produire à tel instant, dans tel contexte où il va trouver sa place inédite, afin que quelque chose soit préservé d’un flux vital, d’un feu sacré à nourrir constamment pour ne pas qu’il s’éteigne, alors même qu’il n’en reste parfois plus que quelques braises. C’est aussi à cette écoute souterraine des mouvements infimes d’une palpitation vitale dans laquelle la musique prend racine, que l’auditeur est convié.
Il n’est sans doute pas superflu ici de dire que Tendre Broussaille convie à un voyage. Un voyage qui, grâce à une grande part d’improvisation, se veut toujours riche en imprévus propres à entretenir l’élan et la curiosité. Un voyage au coeur de paysages dépouillés, d’architectures abstraites ou de matières organiques parfois denses, révélatrices d’une puissance acoustique insoupçonnée.
L’instrumentation, regroupant deux cordes : une contrebasse et un alto, et des bois divers (clarinette, saxophone, flute oblique), plutôt insolite mais fondamentalement équilibrée, laisse un vaste champ libre aux explorations en matière d’arrangement. Les instruments sont envisagés comme autant de media dont les possibilités expressives et les timbres permettent de nourrir une matière protéiforme qui conjugue agrégats harmoniques, fragments mélodiques et textures sonores.


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